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Sally Nyolo, son spectacle de l’institut Francais de Douala.

La chanteuse a demandé l’adhésion du public à sa lutte contre le mariage précoce vendredi sur la scène de l’Institut français de Douala.

Chanter sur les scènes de son pays, c’est à chaque fois le plus beau rêve éveillé de Sally Nyolo. « Après avoir fait le tour du pays, je reviens au Vi’ », lance-t-elle, le sourire toujours aussi éclatant, au public de l’Institut Français du Cameroun (IFC), antenne de Douala. Une semaine après son spectacle à Yaoundé, le prix Découverte RFI 1997 venait partager sa science et son amour de la musique avec les habitants des berges du Wouri, vendredi 26 janvier dernier.

Et il n’était pas seulement question de voyager au cœur des sonorités de la forêt qui ont fait la renommée de cette « Ngoan Eton » profondément attachée à ses frontières. Il était également question pour l’ambassadrice de bonne volonté de l’Unicef d’obtenir l’adhésion du public à sa cause : la lutte contre les mariages précoces et pour l’émancipation de la jeune fille africaine. Et pour faire passer son message, elle a invité une autre native du continent noir sur scène, la Gabonaise Pamela Badjogo.

Dans le sens de son combat, Sally Nyolo interprétera notamment « Tradition », la complainte d’une enfant qui ne demande qu’à grandir et accomplir ses rêves. « Je suis le fruit de mes ambitions », entend-on dans la chanson. Et si on entend aussi bien, c’est que l’auteure à la dizaine d’albums solo a toujours une diction aussi impeccable. Même si sa voix, elle, a légèrement varié.

Avec les années, elle a acquis une touche rauque, ce qui donne une autre saveur aux talents de conteuse de la poétesse. Sally Nyolo n’a pas encore atteint le grand âge, mais ses cordes vocales en ont déjà la poésie. Et les histoires qu’elles racontent ne s’appuient pas seulement sur les rythmes béti, mais vont à la rencontre du monde, jazz, reggae, folk.

Et à chaque fois, le public applaudit à tout rompre, on danse sur sa chaise en réécoutant « Shana », « Tam-Tam », « Me Djok », « Semengué », « Songui Sentô », « Ibandouma », etc.

Et l’exploratrice qu’est Soleïnie a bien planté son décor sur scène. Calebasses, pagnes, voiles. En fait, ce n’est pas seulement pour nous plonger dans l’univers équatorial, mais aussi un aperçu de la comédie musicale qu’elle prépare pour sa cause.

Une cause partagée par Pamela Badjogo, avec qui elle chantera « Bô », un titre de la plus jeune des deux, que la grande sœur a enrichi au son de ses flûtes d’un autre genre, de toutes petites bouteilles. « Bô », ce ne sera pas le seul titre chanté par Pamela, elle rendra aussi hommage à sa terre d’adoption, le Mali, avec « Bamakool », un afrobeat.

Et pour celle qui réside en terre mandingue, comment résister à l’appel du blues ? « Eveil » et « Ngoka » en sont les témoins. On espère vraiment la revoir sur scène…plus longtemps.

Rita DIBA (Cameroon-Tribune)

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