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Fespaco 2019 : Jean-Pierre Dikongue Pipa Célébré !

Le film d’ouverture de Jean-Pierre Dikongué Pipa, « Muna Moto », c’est à dire le « Fils de l’Autre », seul étalon d’or du Cameroun a signé le départ des projections du Fespaco. C’était samedi soir durant la soirée d’hommage au cinéma Burkina.

Dimanche matin, le monde du Fespaco lui rendait un autre hommage digne de la plus haute distinction qu’offre le Festival depuis cinq décennies. Une statue grandeur nature était dévoilée, représentant le réalisateur, levant son prix vers le ciel, l’Étalon d’Or de Kennenga, prix 1976. A l’origine de cette distinction, placée au centre de la ville de Ouagadougou, une camerounaise, productrice de film, Marie-Christine Wham Ssom.

Découvrir Jean-Pierre Dikongué Pipa, rue de l’Hôtel de ville dans la capitale de Ouagadougou, n’était pas un projet évident. Un rêve qui a pris racine au Cameroun et qui s’est concrétisé, ici au Burkina, la capitale africaine du cinéma. Émue durant l’inauguration, Marie-Christine Wha Ssom, raconte un projet qui lui tenait à cœur et qui a consacré plus de la moitié de son temps durant quatre longues années. Venue avec toute une délégation de jeunes camerounais et camerounaises, la professionnelle et passionnée de cinéma sera liée à jamais à son compatriote cinéaste Jean-Pierre Dikongué Pipa.

L’histoire du monument dédié à Jean-Pierre Dikongué Pipa commence en 2015 : « Je me baladais derrière cette colonne, et je me suis rendue compte qu’il y avait les monuments mais pas celui de notre cinéaste camerounais. J’avoue que j’étais déçue. J’ai ensuite rencontré les autorités burkinabés qui m’ont fait comprendre qu’il incombait au Cameroun de s’en charger. Deux ans plus tard, après l’accord du gouvernement du Burkina et l’emplacement qu’il fallait, je me suis rendue au Cameroun avec toutes mes autorisations et je les ai présentés au ministère de la Culture. »

Une longue période de travail autour de Jean-Pierre Dikongué Pipa a été nécessaire avant de lancer la réalisation du monument. Le cinéma n’est pas intégré dans la vie sociale comme au Burkina Faso, commente Marie-Christine Whar Ssom : « Il a fallu un an pour que le projet soit soutenu par le gouvernement, la mairie de Douala, la communauté urbaine et les partenaires. »

La productrice audiovisuelle qui se sent chez elle durant le Fespaco, se dit touchée de pouvoir rendre hommage au cinéaste « de son vivant » : « Cela me fait chaud au cœur, cela me fait du bien de le voir là devant son monument. On ne doit pas honorer que les morts même si on le fait toujours ainsi. »

Et pour ne pas « effacer l’histoire », la statue de Jean-Pierre Dikongué Pipa porte en main le vrai prix décerné lors du Festival Panafricain en 1976 : « Tout au long de la colonne, sur la place des Étalons, les autres statues ont les mêmes trophées mais nous on a restauré son Étalon d’Or, on a décidé de retracer l’histoire telle quelle était. Nous lui avons mis son vrai Prix.»

En larmes, Marie-Christine Wha Ssom, inaugure la statue qui devra encore patiner pour être à l’égal de ses confrères disparus mais toujours primés comme les talentueux réalisateurs du  Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou, le Fespaco.

« Le Fespaco est notre Cannes, ici en Afrique ! », conclut Marie-Christine Wha Ssom, à l’initiative de ce nouveau monument inauguré sur la place des Étalons d’Or de Kennenga.

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